Exposition du «chroniqueur de l’émigration russe» à Paris

Service de presse
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Ce n’est pas pour rien que le peintre russe Nikolaï Dronnikov (1930-2025) a été surnommé le « chroniqueur de l’émigration russe ». Il a vécu 94 ans, dont plus d’un demi-siècle en France, où il s’est consacré à la réalisation de portraits de personnes d’origine russe, installées ou de passage dans l’Hexagone. C’est précisément cette figure qui est au cœur de la nouvelle exposition intitulée Un maître russe en France, organisée à la Maison russe à Paris, dont le vernissage se tiendra le 24 septembre.

Les œuvres de Dronnikov donnent à voir la fine fleur de l’intelligentsia russe de son époque : le poète Joseph Brodsky, le barde Vladimir Vyssotski, l’artiste de ballet Serge Lifar, le pianiste Sviatoslav Richter, le violoncelliste et chef d’orchestre Mstislav Rostropovitch, le cinéaste Andreï Tarkovski, et bien d’autres. Aujourd’hui, ces portraits, nés de rencontres personnelles avec le peintre, nous permettent de nous imprégner de l’esprit de l’une des époques les plus créatives et de nous rapprocher de ceux qui l’ont façonnée.

L’artiste ne peignait pas seulement ses compatriotes en France, mais aussi la France elle-même, devenue pour lui une seconde patrie. Paris, dans la banlieue de laquelle Dronnikov s’est installé, lui a volé son cœur à jamais et a inspiré à l’artiste de nombreuses œuvres picturales et des cycles graphiques entiers, notamment les albums intitulés Montmartre et Les Ponts de Paris.

L’artiste avait une autre passion : la création de livres. Sur sa propre presse typographique, il réalisait des éditions d’auteur à petit tirage, cumulant les rôles d’éditeur, de graphiste et d’illustrateur. Il a publié au total plus de quarante livres faits main, parmi lesquels des ouvrages consacrés aux artistes de l’avant-garde russe Natalia Gontcharova et Mikhaïl Larionov, ainsi qu’un recueil de poètes issus de l’émigration blanche ayant quitté la Russie après la Révolution de 1917.

Dronnikov se qualifiait lui-même d’« ermite de l’art » et n’appartenait à aucun groupe artistique. Pendant des décennies, il a suivi sa propre voie, à la fois héritier des anciens maîtres et chroniqueur singulier de la présence culturelle russe en France.

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Nikolaï Dronnikov est né le 2 août 1930 dans le jeune État soviétique. Sa famille était originaire d’un village de la région de Toula. En 1957, il a obtenu son diplôme de l’École d’art de Moscou Mémoire de 1905 et, en 1963, celui de l’Institut d’État des beaux-arts de Moscou Sourikov, l’un des plus anciens et des plus prestigieux établissements d’enseignement artistique du pays. En 1968, lors d’un séjour en France, il a rencontré Marc Chagall, ce qui a influencé sa décision de quitter l’URSS. En 1972, il est parti en France et n’est jamais retourné dans son pays natal. Il a vécu et travaillé à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne, où il est décédé le 28 janvier 2025, à l’âge de 94 ans.

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